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Thérapie par la lumière rouge

Dernière révision : octobre 2026 · Fondé sur 30 études

En bref

La thérapie par la lumière rouge et proche infrarouge a permis une repousse des cheveux supérieure à celle d’appareils factices chez des personnes souffrant d’alopécie selon deux grandes méta-analyses, et elle a réduit les aphtes et lésions buccales sévères chez les patients traités pour un cancer de la tête et du cou. Les ulcères du pied diabétique ont cicatrisé plus souvent dans de petits essais, tandis que les preuves concernant les rides et la douleur sont minces ou mitigées. Un consensus d’experts de 2025 l’a jugée sûre pour les adultes.

À quoi cela peut servir

  • Favorise la repousse des cheveux dans l’alopécie (appareils à lumière rouge) — Bénéfice, niveau de preuve B (Modérée). Les méta-analyses d’essais randomisés contrôlés par sham sont constamment favorables à la luminothérapie ; note abaissée une fois pour la forte variabilité entre les études.
  • Réduit les aphtes et lésions buccales douloureuses pendant le traitement du cancer — Bénéfice, niveau de preuve B (Modérée). Les méta-analyses d’essais randomisés montrent des mucosites moins fréquentes et moins sévères ; note abaissée une fois en raison de la forte variation entre les études.
  • Aide à cicatriser les ulcères du pied diabétique — Bénéfice, niveau de preuve C (Limitée). Les méta-analyses de petits essais randomisés favorisent la thérapie par la lumière ; note abaissée pour le faible effectif total et la qualité des essais.
  • Soulage la douleur de la fibromyalgie (laser de faible intensité) — Bénéfice, niveau de preuve C (Limitée). Une méta-analyse de neuf petits essais de qualité faible à moyenne ; note abaissée pour le faible échantillon et le risque de biais.
  • Lisse les rides (appareils LED rouges ou blancs) — Bénéfice, niveau de preuve C (Limitée). Petits essais sans groupe témoin placebo ; pas de revue systématique sur l’efficacité.

De quoi s’agit-il

La thérapie par la lumière rouge, également appelée photobiomodulation ou thérapie par la lumière de faible intensité, projette une lumière rouge ou proche infrarouge de faible puissance émise par des lasers ou des LED sur la peau ou le cuir chevelu [1]. Les dispositifs capillaires se présentent sous forme de peignes, de casques et de casquettes, et les lasers en milieu clinique sont utilisés pour les lésions buccales pendant les soins du cancer [2][3][4].

Ce que dit la recherche

Alopécie et perte de cheveux. Une méta-analyse de 2021 regroupant 15 études (795 personnes) a constaté une densité capillaire plus élevée avec la photobiomodulation par rapport au groupe témoin (différence moyenne standardisée 1,02, IC à 95 % 0,68 à 1,36) [2]. Une méta-analyse de 2025 portant sur 38 études (3 098 personnes, principalement atteintes d’alopécie androgénétique) a rapporté une densité capillaire supérieure après 4 à 26 semaines (différence moyenne standardisée de 1,14 en dessous de 20 semaines et de 1,44 au-dessus de 20 semaines), avec une forte variabilité entre les études [5]. Une méta-analyse d’essais randomisés de 2017 a montré que la thérapie par la lumière chez l’homme était supérieure au placebo, tout comme le minoxidil et le finastéride, avec une forte hétérogénéité [6]. Dans un essai contrôlé par sham mené chez 41 hommes, un dispositif de 655 nm a augmenté le nombre de cheveux de 67,2 contre 28,4 avec le sham [7] ; chez 42 femmes, la hausse était de 100,3 contre 23,9 [8]. Un essai sur un casque a montré que la densité capillaire augmentait de 41,90 cheveux par cm contre 0,72 avec le sham sur 16 semaines [9]. Dans un essai de 24 semaines mené auprès de 100 personnes, la couverture capillaire était de 14,2 % sur le côté traité contre 11,8 % sur le côté sham [10]. Chez les femmes, la thérapie par la lumière était comparable au minoxidil à 5 %, l’association des deux étant la plus efficace, dans un essai de 4 mois [11]. Une méta-analyse sur les associations avec le minoxidil (15 études, 1 172 personnes) a révélé que l’ajout de la luminothérapie, du finastéride ou du microneedling au minoxidil surpassait le minoxidil seul à l’évaluation photographique globale, et que la luminothérapie et le microneedling augmentaient également le nombre de cheveux [12].

Lésions buccales dues aux traitements contre le cancer (mucosites orales). Une méta-analyse de 2024 regroupant 14 essais randomisés (869 patients atteints d’un cancer de la tête et du cou) a constaté que l’incidence des mucosites était plus faible dès la deuxième semaine (risque relatif 0,49, IC à 95 % 0,25 à 0,97), que les mucosites sévères étaient environ deux fois moins fréquentes à la fin du traitement (RR 0,45, 0,24 à 0,85) et que la douleur était diminuée [4]. Une autre méta-analyse de 6 essais a rapporté un risque relatif de 0,36 (0,29 à 0,44) pour les lésions débilitantes [13].

Plaies et ulcères du pied diabétique. Une méta-analyse de 7 essais randomisés (194 personnes) a révélé que les ulcères étaient plus susceptibles de cicatriser complètement avec la thérapie par la lumière de faible intensité (odds ratio 6,72, IC à 95 % 1,99 à 22,64), et aucun événement indésirable lié au traitement n’a été rapporté [14]. Une méta-analyse de 12 essais a constaté que les ulcères avaient 4,65 fois plus de chances de cicatriser, sans pouvoir recommander les meilleurs réglages de traitement [15]. Une méta-analyse de 2021 a trouvé des preuves d’un très faible niveau de certitude quant à la prévention de la radiodermite sévère (grade 3 RR 0,21, 0,05 à 0,94) [16].

Douleur. Une méta-analyse de 9 essais (325 personnes) a montré que le laser de faible intensité atténuait la douleur liée à la fibromyalgie par rapport au placebo (différence moyenne standardisée 1,18, 0,82 à 1,54), mais les essais étaient de qualité faible à moyenne, et le laser combiné à l’exercice n’apportait aucun avantage supplémentaire par rapport à l’exercice seul [17]. Pour la tendinopathie achilléenne, 4 essais (119 personnes) ont fourni des données d’un niveau de certitude faible à très faible, insuffisant pour soutenir une utilisation en routine [18].

Rides. Dans un essai de 12 semaines portant sur 52 femmes, les LED rouges (660 nm) et blanches ont toutes deux amélioré les rides du contour des yeux, sans différence statistiquement significative entre elles et sans groupe placebo [19].

Consensus d’experts. Un consensus de 21 experts de 2025 a jugé la photobiomodulation efficace pour la neuropathie périphérique, l’alopécie androgénétique, les ulcères et plaies, les escarres, la douleur des ulcères du pied diabétique et la radiodermite aiguë [1].

Doses utilisées dans les études

Les essais sur les cheveux ont utilisé des dispositifs de 655 nm [7], un casque émettant à 630, 650 et 660 nm pendant 18 minutes par jour durant 24 semaines [3], 30 minutes trois fois par semaine pendant 24 semaines [10], ou 25 minutes trois jours par semaine pendant 4 mois [11]. Les essais sur les lésions buccales ont obtenu les meilleurs résultats avec des lasers cliniques hélium-néon ou InGaAlP de 10 à 25 mW [4]. Un essai sur les rides a utilisé 5,17 J de lumière LED rouge ou blanche par jour pendant 12 semaines [19].

Sécurité et interactions

Effets indésirables courants. Le consensus de 2025 a jugé la photobiomodulation sûre pour les adultes, et la lumière rouge n’induit pas de lésions de l’ADN [1]. Les essais capillaires n’ont rapporté aucun événement indésirable ni effet secondaire [7][8], et aucun événement indésirable grave [10]. Aucun événement indésirable lié au traitement n’a été rapporté dans les essais sur les ulcères du pied diabétique [14].

Cancer. Une revue systématique sur la sécurité oncologique n’a trouvé aucune donnée d’essai clinique reliant la photobiomodulation à des événements indésirables, y compris l’apparition ou la récidive d’un cancer, et aucune preuve pour soutenir l’idée que les personnes ayant été traitées pour un cancer devraient l’éviter [20].

Limites supérieures et doses toxiques. Aucune limite supérieure n’a été établie dans les études examinées.

Interactions. Aucune donnée sur des interactions avec des médicaments n’a été trouvée dans les études analysées.

Grossesse et allaitement. Aucune donnée n’a été trouvée dans les études analysées ; le consensus portait sur des patients adultes [1].

Affections concernées. Les personnes suivant un traitement contre le cancer, ou souffrant d’ulcères ou de neuropathies, ne doivent l’utiliser qu’avec l’accord de leur équipe soignante [4][14].

Réserves et questions ouvertes

Les appareils, longueurs d’onde, doses et protocoles varient considérablement, et les revues n’ont pas pu déterminer les paramètres optimaux [15][2]. Les méta-analyses sur les cheveux ont fait état d’une forte hétérogénéité [5][6]. Les revues sur les ulcères du pied diabétique ont inclus de petits essais et appelé à des études plus vastes et mieux conçues [14][15]. Les résultats des lasers cliniques pour les aphtes et lésions buccales ne s’appliquent pas forcément aux appareils à domicile [4]. Les données sur les rides et la fibromyalgie proviennent de petits essais, dont certains sans groupe placebo [19][17].

Références

  1. Evidence-based consensus on the clinical application of photobiomodulation.. J Am Acad Dermatol, 2025.
  2. Meta-analysis of photobiomodulation for the treatment of androgenetic alopecia.. J Dermatolog Treat, 2021.
  3. Low-level light therapy for androgenetic alopecia: a 24-week, randomized, double-blind, sham device-controlled multicenter trial.. Dermatol Surg, 2013.
  4. Efficacy of photobiomodulation therapy in the management of oral mucositis in patients with head and neck cancer: A systematic review and meta-analysis of randomized controlled trials.. Head Neck, 2024.
  5. Low-Level Laser and LED Therapy in Alopecia: A Systematic Review and Meta-Analysis.. Dermatol Surg, 2025.
  6. The effectiveness of treatments for androgenetic alopecia: A systematic review and meta-analysis.. J Am Acad Dermatol, 2017.
  7. The growth of human scalp hair mediated by visible red light laser and LED sources in males.. Lasers Surg Med, 2013.
  8. The growth of human scalp hair in females using visible red light laser and LED sources.. Lasers Surg Med, 2014.
  9. Low-level light therapy using a helmet-type device for the treatment of androgenetic alopecia: A 16-week, multicenter, randomized, double-blind, sham device-controlled trial.. Medicine (Baltimore), 2020.
  10. Efficacy and Safety of a Low-Level Light Therapy for Androgenetic Alopecia: A 24-Week, Randomized, Double-Blind, Self-Comparison, Sham Device-Controlled Trial.. Dermatol Surg, 2018.
  11. Low level light-minoxidil 5% combination versus either therapeutic modality alone in management of female patterned hair loss: A randomized controlled study.. Lasers Surg Med, 2017.
  12. The effectiveness of combination therapies for androgenetic alopecia: A systematic review and meta-analysis.. Dermatol Ther, 2020.
  13. Photobiomodulation in oral mucositis in patients with head and neck cancer: a systematic review and meta-analysis followed by a cost-effectiveness analysis.. Support Care Cancer, 2020.
  14. Efficacy of low-level light therapy for treatment of diabetic foot ulcer: A systematic review and meta-analysis of randomized controlled trials.. Diabetes Res Clin Pract, 2018.
  15. Efficacy of low-level light therapy for improving healing of diabetic foot ulcers: A systematic review and meta-analysis of randomized controlled trials.. Wound Repair Regen, 2021.
  16. Effectiveness of photobiomodulation therapy in radiation dermatitis: A systematic review and meta-analysis.. Crit Rev Oncol Hematol, 2021.
  17. Low-Level Laser Therapy for Fibromyalgia: A Systematic Review and Meta-Analysis.. Pain Physician, 2019.
  18. Photobiomodulation with low-level laser therapy for treating Achilles tendinopathy: a systematic review and meta-analysis.. Clin Rehabil, 2020.
  19. The Efficacy and Safety of 660 nm and 411 to 777 nm Light-Emitting Devices for Treating Wrinkles.. Dermatol Surg, 2017.
  20. Photobiomodulation: A Systematic Review of the Oncologic Safety of Low-Level Light Therapy for Aesthetic Skin Rejuvenation.. Aesthet Surg J, 2023.