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Régime méditerranéen

Dernière révision : octobre 2026 · Fondé sur 27 études

En bref

Manger à la méditerranéenne - avec beaucoup d’huile d’olive, de noix et fruits à coque, de poisson, de légumes, de légumineuses et de céréales complètes - a réduit les infarctus et les AVC dans de grands essais randomisés, surtout chez les personnes à risque plus élevé. Il fait aussi un peu baisser la tension artérielle et, dans de grandes études d’observation, il est associé à un risque plus faible de diabète et à une vie plus longue, même si ces études ne peuvent pas prouver la cause. Le vin est facultatif et inutile : l’alcool augmente le risque de cancer, sans qu’aucun seuil sans danger n’ait été démontré.

À quoi cela peut servir

  • Réduit le risque d’infarctus et d’AVC — Bénéfice, niveau de preuve B (Modérée). Plusieurs essais randomisés et méta-analyses ont mesuré directement les infarctus et les AVC, mais les résultats sont hétérogènes (jusqu’à 87 %), PREDIMED a eu des problèmes de randomisation et une revue Cochrane est plus prudente - une rétrogradation pour incohérence.
  • Réduit le risque de mourir d’une maladie cardiaque — Bénéfice, niveau de preuve B (Modérée). Une méta-analyse en réseau et une analyse groupée d’essais ont trouvé moins de décès cardiovasculaires (certitude modérée), mais une revue Cochrane juge ces mêmes preuves de faible qualité et PREDIMED seul n’a trouvé aucun effet net sur la mortalité cardiovasculaire - une rétrogradation pour incohérence.
  • Aide à vivre plus longtemps — Résultats mitigés, niveau de preuve C (Limitée). De grandes revues de cohortes trouvent une mortalité toutes causes inférieure (environ 23 %), mais les essais randomisés ne s’accordent pas - une méta-analyse en réseau a trouvé un risque inférieur de 28 % tandis qu’une autre analyse regroupée n’a trouvé aucun effet net - et les données d’observation ne peuvent pas prouver la cause.
  • Fait baisser la tension artérielle — Bénéfice, niveau de preuve B (Modérée). Des méta-analyses de dizaines d’essais randomisés s’accordent sur une petite baisse, mais la tension artérielle est un critère indirect plutôt qu’un critère de maladie - une rétrogradation.
  • Aide à perdre du poids — Bénéfice, niveau de preuve B (Modérée). Des méta-analyses de dizaines d’essais randomisés ont trouvé des pertes de poids et d’IMC légèrement plus grandes avec le régime méditerranéen qu’avec les régimes de comparaison ; la taille des effets varie selon le comparateur - une rétrogradation pour incohérence.
  • Réduit le risque de diabète de type 2 — Bénéfice, niveau de preuve B (Modérée). De grandes cohortes prospectives concordantes (environ 992 000 personnes) plus un essai randomisé qui va dans le même sens ; les données d’observation ne peuvent pas prouver la cause.
  • Protège la mémoire et la réflexion — Résultats mitigés, niveau de preuve C (Limitée). Surtout des données d’observation et incohérentes : une méta-analyse de 2025 trouve un risque de démence plus faible, une revue antérieure ne trouve aucun lien avec l’incidence de la démence, et le petit essai n’a mesuré que des scores de tests.
  • Réduit le risque de cancer — Bénéfice, niveau de preuve C (Limitée). Des méta-analyses d’observation couvrant plus de 3 millions de personnes trouvent une mortalité par cancer modérément inférieure ; plusieurs résultats par localisation sont de certitude faible et les données d’observation ne peuvent pas prouver la cause.

De quoi s’agit-il

Le régime méditerranéen est un mode d’alimentation, pas un aliment ou un nutriment en particulier. La revue Cochrane de 2019 l’a défini par un rapport élevé entre graisses mono-insaturées et graisses saturées (avec l’huile d’olive ou les fruits à coque comme principales sources de matières grasses), beaucoup d’aliments végétaux dont des fruits, des légumes et des légumineuses, des céréales complètes, davantage de poisson et moins de viande, et un vin en quantité faible à modérée en option [1]. Dans l’essai PREDIMED, les participants recevaient en plus du régime de l’huile d’olive extra vierge ou un mélange de noix et fruits à coque [2] ; dans la sous-étude de Navarre, les quantités étaient d’environ 1 litre d’huile d’olive par semaine ou 30 g de noix et fruits à coque par jour [3].

Comment cela peut agir

Hypothèse proposée, pas encore confirmée : l’association de graisses insaturées, de fibres et de composés végétaux propre à ce régime pourrait réduire l’inflammation et aider les vaisseaux sanguins à se relâcher. Dans une méta-analyse de 57 essais, le régime a amélioré des marqueurs comme la protéine C-réactive, l’interleukine-6 et la dilatation médiée par le flux, par rapport à des régimes témoins ou aux soins habituels [4]. Ce sont des marqueurs de laboratoire et des vaisseaux sanguins, pas des infarctus ni des décès [4].

Ce que dit la recherche

Les preuves les plus solides comptent les infarctus et les AVC eux-mêmes. Dans PREDIMED, 7 447 personnes à haut risque cardiaque mais sans maladie cardiaque ont été réparties entre un régime méditerranéen avec huile d’olive extra vierge, un régime méditerranéen avec noix et fruits à coque, ou un régime pauvre en graisses ; après une durée médiane de 4,8 ans, les événements cardiaques majeurs ont baissé d’environ 30 % dans les deux groupes méditerranéens (hazard ratios de 0,69 et 0,72) [2]. L’essai a été retiré puis republié en 2018 à cause de problèmes dans la façon dont certains participants avaient été répartis, et l’analyse révisée a confirmé le bénéfice [2]. CORDIOPREV a ensuite testé le régime chez 1 002 personnes ayant déjà une maladie cardiaque et a trouvé moins d’événements sur 7 ans avec le régime méditerranéen qu’avec un régime pauvre en graisses (87 contre 111 événements ; hazard ratio de 0,72 à 0,75 après ajustement) [5]. Une méta-analyse de 2024 portant sur quatre grands essais (10 054 personnes) a trouvé environ deux fois moins de chances d’un événement cardiaque majeur avec le régime méditerranéen (odds ratio 0,52), avec des réductions plus faibles des infarctus et des AVC ; les résultats variaient beaucoup d’un essai à l’autre [6].

Pour les décès, c’est moins net. Une méta-analyse en réseau de 2023 portant sur 40 essais (35 548 personnes), jugée de certitude modérée, a trouvé moins de décès toutes causes confondues et de décès par maladie cardiaque avec les programmes de type méditerranéen qu’avec des conseils minimaux [7]. La méta-analyse de 2024 a trouvé moins de décès cardiovasculaires (odds ratio 0,54) mais aucun changement net des décès toutes causes confondues [6]. Une revue Cochrane de 2019 portant sur 30 essais (12 461 personnes) a jugé les preuves de faible qualité et a trouvé peu ou pas d’effet sur les décès en prévention primaire, tandis que les AVC passaient d’environ 24 à 14 pour 1 000 personnes (preuves de qualité modérée) [1]. De grandes revues d’observation associent une meilleure adhésion au régime à une mortalité toutes causes inférieure d’environ 23 % et à une mortalité cardiovasculaire inférieure de 27 % chez les personnes âgées, mais elles ne peuvent pas prouver la cause [8].

La tension artérielle baisse un peu. Des méta-analyses de 35 essais (13 943 personnes) et de 19 essais (4 137 personnes) ont trouvé des baisses moyennes d’environ 1 à 3 mm Hg [9][10]. Les baisses étaient plus grandes chez les personnes dont la tension de départ était plus élevée et dans les essais durant 16 semaines ou plus [9]. Face à d’autres régimes actifs, comme un régime pauvre en graisses, la différence n’était pas significative [9]. Dans les études d’observation, une meilleure adhésion était associée à un risque inférieur de 13 % de développer une hypertension [10].

Pour le poids, des méta-analyses de dizaines d’essais randomisés ont trouvé des baisses de poids et d’IMC légèrement plus grandes avec le régime méditerranéen qu’avec les régimes de comparaison [4][11]. Chez des adultes atteints de stéatose hépatique (foie gras), une méta-analyse de 2025 portant sur 11 essais a trouvé environ 2,4 kg de perte de poids en plus par rapport aux témoins [12]. Pour le diabète de type 2, une méta-analyse de 2025 portant sur 24 études (environ 992 000 personnes) a trouvé un risque inférieur de 8 % pour chaque hausse de 2 points de l’adhésion, avec une certitude modérée, et le seul essai randomisé inclus allait dans le même sens [13]. PREDIMED a aussi trouvé moins de diabète dans ses groupes méditerranéens (hazard ratio 0,70) [14].

La santé cognitive est moins certaine. Une méta-analyse de 2025 portant sur 23 études a associé une meilleure adhésion à moins de troubles cognitifs, de démence et de maladie d’Alzheimer, avec une hétérogénéité importante entre les études [15]. Une revue antérieure de 34 études prospectives a trouvé un moindre déclin aux tests de pensée globale, mais aucun lien significatif avec la démence ou les troubles cognitifs légers [16]. Dans une petite sous-étude de PREDIMED portant sur 447 personnes, celles qui suivaient le régime méditerranéen ont obtenu de meilleurs scores à plusieurs tests de mémoire et de réflexion pendant environ 4 ans [3].

Pour le cancer, des méta-analyses d’observation couvrant plus de 3 millions de personnes ont trouvé une mortalité par cancer inférieure d’environ 13 à 14 % et un risque plus faible de cancer colorectal, avec des résultats plus faibles pour les autres cancers [17][18]. Une analyse du cancer du sein au sein de PREDIMED a trouvé moins de cas dans le groupe huile d’olive, mais elle reposait sur 35 cas et doit être confirmée [19].

Doses utilisées dans les études

Il s’agit des expositions étudiées, pas de recommandations. PREDIMED fournissait gratuitement de l’huile d’olive extra vierge ou un mélange de noix et fruits à coque en plus du régime, et a suivi les participants pendant une durée médiane de 4,8 ans [2] ; dans la sous-étude de Navarre, les quantités étaient de 1 litre d’huile d’olive par semaine ou 30 g de noix et fruits à coque par jour [3]. CORDIOPREV a comparé un régime méditerranéen à un régime pauvre en graisses pendant 7 ans chez des personnes atteintes d’une maladie cardiaque [5]. Les essais sur la tension artérielle d’au moins 16 semaines ont trouvé de plus grandes baisses que les plus courts [9]. La plupart des essais comparaient des modes d’alimentation entiers plutôt qu’une dose fixe [1].

Sécurité et interactions

Effets secondaires. Peu d’essais détaillent les effets secondaires ; quand ils l’ont fait, les événements indésirables étaient absents ou mineurs [1].

Limites maximales. En tant que mode d’alimentation global, le régime n’a pas de limite maximale ni de dose toxique définies, et aucune n’est rapportée dans les essais lus pour cette page [1].

Médicaments. Les essais lus pour cette page n’ont pas testé les interactions avec des médicaments [1] ; toute personne qui prend des médicaments devrait demander l’avis d’un médecin avant un grand changement d’alimentation.

Grossesse. Dans un essai de 2021 portant sur 1 221 grossesses à haut risque de mauvaise croissance du fœtus, le régime a fait baisser la proportion de bébés nés petits pour l’âge gestationnel (14 % contre 22 %) ainsi qu’un ensemble de complications de la grossesse (18,6 % contre 26,2 %) ; les auteurs qualifient ces résultats de préliminaires et à reproduire [20].

Alcool. Certaines versions traditionnelles incluent du vin pendant les repas, mais la définition de Cochrane le traite comme un ajout facultatif [1]. L’alcool augmente le risque de plusieurs cancers, et des recherches regroupées sur la consommation légère n’ont trouvé aucun seuil sans risque de cancer [21].

Autres pathologies. Dans la stéatose hépatique, les essais ont trouvé des améliorations du poids et des enzymes du foie [12] ; les études lues pour cette page ne rapportaient pas de résultats séparés pour les maladies des reins ou les troubles de la coagulation.

Réserves et questions ouvertes

La plupart des preuves sont de qualité faible à modérée. Une revue parapluie de 2025 portant sur 18 méta-analyses (238 essais) a jugé la plupart d’entre elles de qualité faible ou très faible, et l’effet était plus net chez les personnes ayant déjà une maladie cardiaque [22]. Les essais ne s’accordent pas sur les décès : une méta-analyse en réseau a trouvé une mortalité toutes causes inférieure, une autre analyse regroupée n’a trouvé aucun effet net [7][6]. PREDIMED a été republié après des problèmes de randomisation, et une revue Cochrane est restée prudente [2][1]. Les résultats sur la mortalité, le diabète et la démence reposent beaucoup sur des études d’observation, qui ne peuvent pas montrer de relation de cause à effet [8][13][15]. L’efficacité du régime chez les femmes n’est pas claire : le bénéfice de CORDIOPREV est apparu chez les hommes, sans différence trouvée chez 175 femmes [5].

Références

  1. Mediterranean-style diet for the primary and secondary prevention of cardiovascular disease.. Cochrane Database Syst Rev, 2019.
  2. Primary Prevention of Cardiovascular Disease with a Mediterranean Diet Supplemented with Extra-Virgin Olive Oil or Nuts.. N Engl J Med, 2018.
  3. Mediterranean Diet and Age-Related Cognitive Decline: A Randomized Clinical Trial.. JAMA Intern Med, 2015.
  4. The Effect of the Mediterranean Diet on Metabolic Health: A Systematic Review and Meta-Analysis of Controlled Trials in Adults.. Nutrients, 2020.
  5. Long-term secondary prevention of cardiovascular disease with a Mediterranean diet and a low-fat diet (CORDIOPREV): a randomised controlled trial.. Lancet, 2022.
  6. Long-term impact of mediterranean diet on cardiovascular disease prevention: A systematic review and meta-analysis of randomized controlled trials.. Curr Probl Cardiol, 2024.
  7. Comparison of seven popular structured dietary programmes and risk of mortality and major cardiovascular events in patients at increased cardiovascular risk: systematic review and network meta-analysis.. BMJ, 2023.
  8. Mediterranean Diet in Older Adults: Cardiovascular Outcomes and Mortality from Observational and Interventional Studies-A Systematic Review and Meta-Analysis.. Nutrients, 2024.
  9. Mediterranean diet and blood pressure reduction in adults with and without hypertension: A systematic review and meta-analysis of randomized controlled trials.. Clin Nutr, 2021.
  10. Effects of a Mediterranean diet on blood pressure: a systematic review and meta-analysis of randomized controlled trials and observational studies.. J Hypertens, 2021.
  11. Mediterranean diet in the management and prevention of obesity.. Exp Gerontol, 2023.
  12. Effects of Mediterranean diet, exercise, and their combination on body composition and liver outcomes in metabolic dysfunction-associated steatotic liver disease: a systematic review and meta-analysis of randomized controlled trials.. BMC Med, 2025.
  13. Adherence to Mediterranean Diet and Risk of Type 2 Diabetes: An Updated Systematic Review and Dose-Response Meta-analysis.. Adv Nutr, 2025.
  14. Effects on Health Outcomes of a Mediterranean Diet With No Restriction on Fat Intake: A Systematic Review and Meta-analysis.. Ann Intern Med, 2016.
  15. The role of the Mediterranean diet in reducing the risk of cognitive impairement, dementia, and Alzheimer's disease: a meta-analysis.. Geroscience, 2025.
  16. Cross-sectional and longitudinal associations between adherence to Mediterranean diet with physical performance and cognitive function in older adults: A systematic review and meta-analysis.. Ageing Res Rev, 2021.
  17. An updated systematic review and meta-analysis on adherence to mediterranean diet and risk of cancer.. Eur J Nutr, 2021.
  18. Adherence to Mediterranean Diet and Risk of Cancer: An Updated Systematic Review and Meta-Analysis.. Nutrients, 2017.
  19. Mediterranean Diet and Invasive Breast Cancer Risk Among Women at High Cardiovascular Risk in the PREDIMED Trial: A Randomized Clinical Trial.. JAMA Intern Med, 2015.
  20. Effects of Mediterranean Diet or Mindfulness-Based Stress Reduction on Prevention of Small-for-Gestational Age Birth Weights in Newborns Born to At-Risk Pregnant Individuals: The IMPACT BCN Randomized Clinical Trial.. JAMA, 2021.
  21. Cancer risk based on alcohol consumption levels: a comprehensive systematic review and meta-analysis.. Epidemiol Health, 2023.
  22. The effectiveness of the Mediterranean Diet for primary and secondary prevention of cardiovascular disease: An umbrella review.. Nutr Diet, 2025.