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Les aliments à base de soja font-ils baisser le cholestérol et soulagent-ils la ménopause ?

La protéine de soja réduit le LDL-cholestérol de quelques points. Pour les bouffées de chaleur, certains essais montrent un petit effet, d’autres rien.

Publié en octobre 2026 · Mis à jour en octobre 2026

Réponse courte

Oui, un peu pour le cholestérol : la protéine de soja abaisse légèrement le LDL-cholestérol. Pour les bouffées de chaleur, les preuves sont mitigées et limitées. Niveau de preuve C (Limitée). Méta-analyses d’essais contrôlés randomisés ; niveau abaissé en raison de résultats incohérents et parce que le LDL est un marqueur indirect.

À retenir

  • Les essais regroupés montrent que la protéine de soja abaisse le LDL-cholestérol (le « mauvais » cholestérol) d’environ 5 mg/dL, soit environ 3 à 4 % [1][2].
  • Les compléments d’isoflavones de soja isolées n’ont pas modifié le profil lipidique dans une méta-analyse ; la protéine de soja semble donc être la partie active [2][3].
  • Pour les bouffées de chaleur, une méta-analyse a trouvé environ 0,8 de moins par jour, mais la revue Cochrane n’a trouvé aucun bénéfice concluant [4][5].
  • Un essai de six mois auprès de 270 femmes n’a trouvé aucun changement significatif des symptômes de la ménopause avec de la farine de soja ou de la daidzéine [6].
  • Une étude portant sur plus de 300 000 Chinoises a constaté qu’une consommation modérée de soja n’était pas associée au risque de cancer du sein [7].

L’essentiel

La protéine de soja abaisse légèrement le « mauvais » cholestérol LDL, d’environ 5 mg/dL dans les essais regroupés [1][2]. Pour les bouffées de chaleur et les autres symptômes de la ménopause, les preuves sont mitigées et limitées. Certaines revues constatent une baisse modeste des bouffées de chaleur, mais une revue Cochrane n’a trouvé aucun bénéfice concluant [4][5].

Ce que montrent les études

Pour le cholestérol, une analyse regroupée de 46 essais, examinés par la Food and Drug Administration (FDA) américaine pour son allégation santé sur le soja et le cœur, a constaté que la protéine de soja, à une médiane de 25 g par jour pendant environ six semaines, abaissait le LDL d’environ 4,8 mg/dL [1]. Une autre analyse de 35 essais a trouvé une baisse similaire, et plus importante chez les personnes ayant un cholestérol élevé [2]. Une analyse cumulative de ces mêmes 46 essais a constaté que la baisse du LDL est restée statistiquement significative chaque année après l’allégation de la FDA de 1999 [8].

Pour la ménopause, une analyse de 16 essais sur les isoflavones de soja, portant sur environ 1 710 femmes, a estimé que les isoflavones réduisaient les bouffées de chaleur d’environ 25 % une fois l’effet placebo retiré. Elle a aussi constaté que l’effet est lent : il faut environ 13 semaines pour atteindre la moitié de sa force et au moins 48 semaines pour en atteindre 80 % [9]. Une analyse de 2016 portant sur 62 essais de traitements à base de plantes a associé les isoflavones de soja à environ 0,8 bouffée de chaleur de moins par jour [4]. Dans un essai de 90 femmes, la fréquence des bouffées de chaleur a baissé d’environ 44 % à 49 % avec des doses d’isoflavones de germe de soja, contre environ 28 % sous placebo [10].

Tous les essais ne concordent pas. Un essai de six mois auprès de 270 femmes recevant 40 g de farine de soja par jour ou un composé du soja appelé daidzéine n’a trouvé aucun changement significatif des symptômes par rapport au placebo [6]. Une revue Cochrane de 43 essais portant sur 4 364 femmes n’a trouvé aucune preuve concluante que les aliments ou compléments à base de phytoœstrogènes réduisent les bouffées de chaleur ou les sueurs nocturnes [5].

Les nuances

La protéine de soja semble compter davantage que les pilules d’isoflavones. La protéine de soja isolée a abaissé le LDL plus que les isoflavones isolées dans une méta-analyse portant sur des femmes ménopausées [3]. Les compléments d’isoflavones seuls n’ont eu aucun effet sur le profil lipidique dans une autre méta-analyse [2].

L’effet sur le cholestérol est moins certain après la ménopause. Dans une méta-analyse de 2021 portant sur 2 305 femmes ménopausées, le cholestérol total a baissé d’environ 4,6 mg/dL, mais la baisse du LDL, d’environ 1,9 mg/dL, n’était pas statistiquement significative [11].

Les résultats varient beaucoup d’un essai à l’autre. Une analyse de 2015 a rapporté une hétérogénéité (une mesure du désaccord entre les essais) de 92 à 99 % [2].

Beaucoup d’essais sur la ménopause étaient petits et à risque élevé de biais, et les groupes placebo se sont améliorés de 1 % à 59 % [5][4]. Certains produits associent le soja à d’autres plantes comme l’actée à grappes noires ou le houblon ; leurs résultats ne montrent donc pas ce que fait le soja seul [12][13].

Pour l’humeur, le tableau est mitigé. Un essai de 2019 auprès de 101 femmes a constaté qu’une boisson au soja n’avait aucun effet sur l’humeur au quotidien [14]. Une méta-analyse de 2024 portant sur cinq essais a constaté une légère baisse de la dépression mais aucun effet sur l’ensemble des symptômes de la ménopause, et ses auteurs ont averti que beaucoup d’essais inclus présentaient un risque élevé de conflit d’intérêts [15].

Cancer du sein : une étude portant sur plus de 300 000 Chinoises a constaté qu’une consommation modérée de soja n’était pas associée au risque de cancer du sein [7]. Chez les femmes déjà diagnostiquées, une consommation de soja avant le diagnostic a été associée à une petite réduction de la survie globale après la ménopause, mais les preuves sont limitées [16].

Thyroïde : dans un essai de 60 personnes ayant une légère hypothyroïdie, une dose élevée de 16 mg de phytoœstrogènes de soja par jour a été suivie d’une hypothyroïdie avérée chez six personnes [17]. Une petite étude portant sur 12 femmes prenant de la lévothyroxine a constaté qu’un complément d’isoflavones de soja ne modifiait pas l’absorption du médicament [18]. Une revue a conclu qu’un tel effet semble avoir peu d’impact clinique [19].

Ce que cela signifie pour vous

Les essais sur le LDL ont utilisé une médiane de 25 g de protéine de soja par jour [1]. Attendez-vous à un petit changement : environ 5 mg/dL dans les essais. Parlez de votre plan pour le cholestérol avec un médecin, qui pourra le mettre en balance avec votre risque global.

Pour les bouffées de chaleur, les meilleures données d’essais suggèrent qu’un éventuel effet est modeste et met des mois à apparaître [9]. Si vous avez un problème de thyroïde, demandez l’avis de votre médecin avant de prendre des compléments d’isoflavones de soja [17]. Les femmes ayant des antécédents de cancer du sein devraient aussi demander d’abord l’avis de leur médecin, car les preuves dans ce groupe sont limitées [16]. Si vous êtes enceinte ou si vous allaitez, demandez l’avis d’un médecin avant de prendre des compléments de soja.

Consultez la page du thème soja pour les doses, les effets secondaires et les réserves.

Références

  1. A Meta-Analysis of 46 Studies Identified by the FDA Demonstrates that Soy Protein Decreases Circulating LDL and Total Cholesterol Concentrations in Adults.. J Nutr, 2019.
  2. Soya products and serum lipids: a meta-analysis of randomised controlled trials.. Br J Nutr, 2015.
  3. The effects of isolated soy protein, isolated soy isoflavones and soy protein containing isoflavones on serum lipids in postmenopausal women: A systematic review and meta-analysis.. Crit Rev Food Sci Nutr, 2020.
  4. Use of Plant-Based Therapies and Menopausal Symptoms: A Systematic Review and Meta-analysis.. JAMA, 2016.
  5. Phytoestrogens for menopausal vasomotor symptoms.. Cochrane Database Syst Rev, 2013.
  6. Randomized controlled trial of whole soy and isoflavone daidzein on menopausal symptoms in equol-producing Chinese postmenopausal women.. Menopause, 2014.
  7. Soy intake and breast cancer risk: a prospective study of 300,000 Chinese women and a dose-response meta-analysis.. Eur J Epidemiol, 2020.
  8. Cumulative Meta-Analysis of the Soy Effect Over Time.. J Am Heart Assoc, 2019.
  9. Quantitative efficacy of soy isoflavones on menopausal hot flashes.. Br J Clin Pharmacol, 2015.
  10. Soy germ isoflavones improve menopausal symptoms but have no effect on blood lipids in early postmenopausal Chinese women: a randomized placebo-controlled trial.. Menopause, 2012.
  11. Effects of Soy Protein Containing of Isoflavones and Isoflavones Extract on Plasma Lipid Profile in Postmenopausal Women as a Potential Prevention Factor in Cardiovascular Diseases: Systematic Review and Meta-Analysis of Randomized Controlled Trials.. Nutrients, 2021.
  12. Assessing the combined effects of Black Cohosh, Soy Isoflavones, and SDG Lignans on menopausal symptoms: a randomized, double-blind, placebo-controlled clinical trial.. Eur J Nutr, 2025.
  13. Efficacy and Safety of a Standardized Soy and Hop Extract on Menopausal Symptoms: A 12-Week, Multicenter, Randomized, Double-Blind, Placebo-Controlled Clinical Trial.. J Altern Complement Med, 2021.
  14. The effect of a randomized 12-week soy drink intervention on everyday mood in postmenopausal women.. Menopause, 2019.
  15. The effect of soy isoflavones given to women in the climacteric period on menopausal symptoms and quality of life: Systematic review and meta-analysis of randomized controlled trials.. Explore (NY), 2024.
  16. Soy and isoflavones consumption and breast cancer survival and recurrence: a systematic review and meta-analysis.. Eur J Nutr, 2019.
  17. The effect of soy phytoestrogen supplementation on thyroid status and cardiovascular risk markers in patients with subclinical hypothyroidism: a randomized, double-blind, crossover study.. J Clin Endocrinol Metab, 2011.
  18. Evaluation of Levothyroxine Bioavailability after Oral Administration of a Fixed Combination of Soy Isoflavones in Post-menopausal Female Volunteers.. Drug Res (Stuttg), 2016.
  19. Interference or Noninterference Between Soy and Levothyroxine: That Is the Question. A Narrative Review of Literature.. Endocr Pract, 2023.