La masturbation avant l’effort nuit-elle aux performances ? Un essai de 2026 : 3,2 % de temps en plus à vélo
Chez 21 hommes entraînés, se masturber 30 minutes avant les tests n’a nui ni au vélo ni à la force de préhension ; le temps d’effort était 3,2 % plus long.
Publié en octobre 2026
Réponse courte
Non, aucun signe de nuisance : chez 21 hommes entraînés, se masturber 30 minutes avant l’effort n’a pas nui aux performances, et le temps à vélo était 3,2 % plus long. Trop petit pour promettre un gain. Niveau de preuve C (Limitée). Un petit essai croisé randomisé (21 hommes), plus un essai antérieur sur 10 hommes et une revue narrative ; note abaissée en raison des petits échantillons et de résultats surtout issus de tests en laboratoire.
À retenir
- Dans une étude croisée randomisée sur 21 hommes bien entraînés, l’orgasme obtenu par masturbation 30 minutes avant les tests a été suivi d’un temps d’effort 3,2 % plus long à un test de vélo progressif, par rapport à l’abstinence [1].
- La force de préhension était légèrement plus élevée après l’orgasme, et un marqueur de stress musculaire (LDH) était plus bas ; les marqueurs d’inflammation n’ont pas changé [1].
- La testostérone et le cortisol étaient tous deux plus élevés après l’orgasme, ce que les auteurs décrivent comme une légère activation sympathique et hormonale, sans effet néfaste sur les performances ni lésion musculaire [1].
- Un essai croisé sur 10 hommes a montré qu’un rapport sexuel la veille au soir ne changeait ni la force de préhension, ni l’équilibre, ni l’agilité, ni le temps de réaction, ni la puissance anaérobie, ni la consommation maximale d’oxygène [2].
- Une revue systématique de 2016 a conclu que la plupart des études excluent un effet direct sur la performance aérobie ou en force, a noté qu’un délai inférieur à 2 heures pourrait nuire, et a demandé de meilleurs essais [3].
Ce qu’a fait l’étude
On conseille depuis longtemps aux sportifs d’éviter toute activité sexuelle, masturbation comprise, avant une compétition, mais les preuves scientifiques sont limitées et peu cohérentes [1]. Dans cette étude croisée randomisée, 21 hommes bien entraînés (âge moyen 22 ans) ont été testés deux fois : une fois 30 minutes après un orgasme obtenu par masturbation, et une fois après abstinence sexuelle. Chaque fois, ils ont fait un test de vélo progressif et un test de force de préhension, et des prises de sang ont mesuré des marqueurs de lésion musculaire, d’inflammation et d’hormones [1].
Ce qu’elle a trouvé
Après l’orgasme, les hommes ont pédalé 3,2 % plus longtemps (p < 0,01), avaient une fréquence cardiaque plus élevée (p < 0,001) et une force de préhension moyenne légèrement plus élevée (p < 0,05) qu’après l’abstinence [1]. La LDH plasmatique, un signe de stress musculaire, était plus basse (p < 0,001). La testostérone et le cortisol étaient tous deux plus élevés (p < 0,001), tandis que les marqueurs d’inflammation (CRP, IL-6) n’ont pas changé [1]. Les auteurs ont conclu que cette légère activation sympathique et hormonale n’avait pas nui aux performances ni causé de lésion musculaire [1].
Où cela s’inscrit
Une revue systématique de 2016 a conclu que la plupart des études excluent un effet direct de l’activité sexuelle sur la performance aérobie et en force, que la veille d’une compétition semble sans danger, et qu’à l’époque aucune étude n’avait examiné la masturbation [3]. Elle signalait qu’un délai inférieur à 2 heures pourrait nuire à la performance, tout comme le tabac ou l’alcool associés aux rapports sexuels, si bien que le résultat de 2026 avec un délai de 30 minutes est une nouvelle donnée utile [3]. Une étude randomisée de 2019 sur 10 hommes mariés a montré qu’un rapport sexuel la veille au soir ne changeait aucun des six tests de performance, par rapport à cinq jours d’abstinence [2]. Voir la page Isometric Exercise pour les preuves sur l’exercice isométrique.
Limites
La nouvelle étude portait sur 21 hommes jeunes et bien entraînés et a testé une seule séance en laboratoire, pas une compétition ; elle ne peut donc pas dire si les résultats valent pour les femmes, les personnes plus âgées ou d’autres sports [1]. Elle a testé la masturbation et non les rapports à deux, elle ne peut donc rien dire des rapports sexuels, et un seul délai, 30 minutes avant les tests [1]. Le résumé rapporte des valeurs p plutôt que des tailles d’effet pour la plupart des critères [1]. L’humeur, le sommeil et le stress avant une vraie compétition n’ont pas été mesurés. Dans l’ensemble, les preuves viennent de petites études [3].
Aller plus loin
- Exercice isométrique — L’exercice isométrique - maintenir une contraction sans bouger, comme serrer un dynamomètre de préhension (handgrip) ou tenir la chaise contre un mur - abaisse…
Références
- Sexual activity before exercise influences physiological response and sports performance in high-level trained men athletes.. Physiol Behav, 2026.
- Effects of sexual activity on several measures of physical performance in young adult males.. J Sports Med Phys Fitness, 2019.
- Sexual Activity before Sports Competition: A Systematic Review.. Front Physiol, 2016.